Coincy et ses bornes communales

AISNE - COINCY - BORNES

Le village de Coincy est situé entre Soissons et Château-Thierry, au sud de la vallée de l’Ourcq, dans le secteur du Tardenois, où les lourdes terres brunes des cultures, les bois et les pâturages côtoient les étendues sablonneuses de plateaux plantés de pins où affleurent les bancs de grés.

Histoire du village et de l’abbaye

Le village de Coincy s’appelait, voici peu de temps encore, Coincy-l’Abbaye, appellation illustrant les origines du village. Le village primitif se situait au haut Moyen âge au nord de l’agglomération actuelle. Appelé Coincy-la-Ville, puis Coincy-la-Poterie, par distinction avec le nouveau village de Coincy-l’abbaye, ce premier village fut presque entièrement détruit pendant la guerre de Cent ans et devînt un hameau dit "La Poterie".

La localité de Coincy-l’Abbaye tiendrait son origine d’une petite fortification aménagée à partir d’une ancienne villa gallo-romaine, puis mérovingienne, rendez-vous de chasse des comtes du Vermandois et par la suite des ducs de Champagne. D’après les textes , une "abbaye" était installée dans le donjon. Elle devait être bien modeste, puisque les comtes de Champagne fondèrent à Coincy, au IXe siècle, une église collégiale desservie par des chanoines obéissant à la règle de saint Benoît, qui furent chassés au moment des troubles et désordres engendrés par l’insécurité aux alentours du Xe siècle. La collégiale aurait été remplacée, à ce époque-là, par une "abbatiola", qui pourrait être à l’origine de l’abbaye de Coincy, dépendante de Cluny, dont la règle aurait été introduite à Coincy avant la naissance du saint abbé de Cluny, Hugues de Semur qui naquit en 1024, ou mentionnée comme étant la ’fille aînée de Cluny " ou encore qui aurait été transformée en prieuré clunisien en 1072, hypothèse établie à partir de l’extrait d’un texte de Thibaut de Champagne qui parle de "mon prieuré nouvellement fondé à Coincy". D’ailleurs, en 1073, le renom de Coincy est bien établi.

L’épouse de Henri le Gros, héritier des comtes de Champagne et roi de Navarre, appelée la reine Blanche, fille de Robert d’Artois, frère du roi saint Louis, vînt habiter Château-Thierry à la mort de son mari. Elle donna des "propriétés considérables à toutes les communes des environs de Château-Thierry" , dont Coincy en 1274. Chaque habitant du village avait le doit de couper, dans le Bois des Usages, le bois nécessaire à sa chauffe et ce qui lui fallait pour bâtir, sans permission de qui que ce soit. Ce bois, d’environ 300 arpents, concédé à la commune de Coincy par la Reine Blanche, a été borné en 1766, sur ordre du roi Louis XV. La seule qui nous soit parvenue, est sculptée d’armoiries présentant trois fleurs de lys

En 1402, les religieux de Coincy obtinrent du roi la permission d’entourer de défense leur maison et leur église, ce qui en fit une véritable forteresse. Le prieuré fut tout de même pillé par les Anglais en 1431 et brûlé par les Bourguignons en 1471. Les Espagnols furent déboutés en 1650 sous l’abbatiat du prieur dénommé Bataille. Au moment de la Révolution française, le prieuré de Coincy comptait dix religieux. Détruit en 1793, il fut vendu comme bien national en différentes propriétés.

Les bornes de l’abbaye de Coincy

Les deux-tiers du territoire de Coincy appartenaient, soit comme propriétaires, soit comme seigneurs, aux bénédictins. Mais, pour l’autre tiers, Coincy était un pays de franc-alleu. C’est pourquoi, le bornage de ce village se présente sous deux formes, celle des bornes de la reine Blanche, comme nous l’avons vu et celle des bornes des moines.

Les moines de Coincy ayant eu, à maintes reprises, l’occasion de se plaindre des incursions des seigneurs voisins sur leurs terres, en particulier avec Louis de Conflans, seigneur de Brécy et du Buisson, marquis d’Armentières, décidèrent en 1770 de montrer clairement les limites de leur domaine en érigeant des bornes en grès tout le long de la frontière séparant les terres du prieuré de celles de ses voisins.

Les bornes du terroir de Coincy ont la face tournée vers Coincy gravée des armoiries du prieuré (deux clefs croisées et une épée droite, attributs de Saint Pierre et Saint Paul) et une des faces latérales porte un numéro d’ordre en partant du prieuré à l’est et au sud-est de l’agglomération et en suivant les limites du terroir vers le sud, puis l’ouest, le nord et le nord-ouest.

Les bornes de Coincy suivent très exactement les anciennes limites des terres de l’abbaye, limites communales encore aujourd’hui. Elles sont au nombre de 43 sur les 56 connues puisque la dernière borne recensée porte ce numéro. Elles sont toutes conçues de la même façon : une des deux faces larges porte les armes de l’abbaye de Coincy, l’autre, une croix accompagnée de l’initiale du village voisin, désignant ainsi le territoire situé au-delà des limites du domaine de Coincy ; une face latérale porte le numéro d’ordre, ce qui fait partir le numérotage des bornes du village (l’abbaye vraisemblablement), se diriger vers le sud, puis l’ouest, le nord et l’est pour rejoindre enfin le centre du village. La plupart des bornes manquantes sont généralement situées dans les champs, ce qui explique leur disparition en grande partie provoquée sans doute par les travaux agricoles et la gêne qu’elles leur occasionnent. Leur poids (500 kg et plus) a permis longtemps de les conserver et de décourager les "collectionneurs", désireux de les déplacer. En revanche, les moyens modernes constituent aujourd’hui un danger pour leur intégrité.


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